Trois articles compilés de la Vie des Idées de Brice Couturier:
La revanche du Peuple de quelque part sur les Gens de n'importe où
Un livre, récemment publié en Grande-Bretagne, par
David Goodhart, créateur du magazine Prospect, explique pourquoi le
Brexit l'a emporté et les travaillistes décrochent.
Le clivage droite/gauche, dans
beaucoup de nos démocraties est en train de céder la place à d’autres
différenciations. Europhiles versus europhobes, ouverture/fermeture,
libéralisme/autoritarisme, … L’essayiste britannique David Goodhart
suggère un nouveau partage politique. A quel camp appartenez-vous ? A
celui des
gens de n’importe où au
peuple de quelque part ?
Les premiers, les
Gens de n'importe où, sont bien
dotés en capital culturel et en diplômes donnant accès aux emplois cotés
sur le marché du travail. Disposant de réseaux relationnels acquis dans
quelque grande école française, ou une prestigieuse université
anglo-saxonne, ils disposent d’une «
identité portative
». C’est dire qu’ils sont à leur aise partout dans le monde. Ils
valorisent la réussite professionnelle et l’auto-réalisation. Ils sont
favorables à la
mondialisation et leur valeur préférée est l’
ouverture. Optimistes, curieux d’autrui et tolérants par principe, ils sont spontanément
multiculturalistes.
Le
Peuple de quelque part est plus enraciné. Ses membres sont rarement passés par l’enseignement supérieur. Ils sont assignés à une
identité prescrite.
La mondialisation, pour eux, cela signifie que les usines s’en vont et
que les immigrés arrivent. La dignité qui s’attachait à la condition
ouvrière est perdue. L’économie du savoir et les emplois qualifiés, que
promettait l’Agenda de Lisbonne, ce n’était pas pour eux. Ils se
considèrent comme les
laissés-pour-compte de
l’intégration européenne. Il y a de fortes chances qu’ils habitent une
petite ville proche du domicile de leurs parents. Car ils ont le sens de
la communauté et de la famille. Ils sont
culturellement conservateurs.
David Goodhart a déclenché bien des débats en Grande-Bretagne, avec la publication d’un essai intitulé
The Road to Somewhere. The populist revolt and the future of politics.
La route vers quelque part. (Révolte populiste et avenir des politiques
populistes). Et il propose, si l’on veut comprendre quelque chose au
redéploiement en cours de la vie politique dans nos vieilles
démocraties, de remplacer l’axe gauche / droite, par
le clivage Anywhere / Somewhere.
Que j’ai traduit par « gens de n’importe où » et « peuple de quelque
part ». Car pour lui, les oppositions basées sur des critères purement
socio-économiques sont devenus insuffisants. Il faut leur ajouter des
éléments culturels.
Les « politiques de l’identité » qu’avait mises en avant le New Labour,
à l’époque de Tony Blair – identité ethnique, identité de genre,
identité religieuse – font désormais partie du paysage. Elles ont
définitivement bousculé une société britannique autrefois structurée par
les appartenances de classe.
David Goodhart a longtemps joué un rôle important dans le monde intellectuel britannique en tant que directeur de
la revue Prospect, un
mensuel de réflexion politique et culturel
sans équivalent chez nous, qu’il a créé en 1995 et dont il en a tenu
les rênes jusqu’en 2010. Prospect, que j’ai lu toute ma vie, est devenu,
aussitôt après son départ de la direction, beaucoup moins intéressant.
Je crois qu’on peut dire que le magazine Prospect, tout en veillant à
ne pas s’aligner sur quelque parti ou personnalité politique que ce
soit, a tout de même accompagné la montée en puissance de Tony Blair,
puis les gouvernements du
New Labour, en alimentant
leur réflexion. Goodhart avoue, dans son livre, avoir appartenu au parti
travailliste à cette époque. Son départ de la direction du magazine a
coïncidé avec la défaite du New Labour.
Dans son dernier livre, David Goodhart enquête sur la causes
idéologique et sociologiques du Brexit et de l’élection de Donald Trump.
A ses yeux, ces deux évènements sont liés et témoignent de phénomènes
fort comparables. Car ces votes protestataires constituent
la revanche du « Peuple de quelque part », furieux de n’avoir jamais eu réellement voix au chapitre.
Ce sont, en effet, les «
Gens de n’importe où » qui dominent la vie politique, les médias et l’Université.
Ayant progressivement conquis l’hégémonie culturelle, ils ont imposé
une idéologie qui sert leurs intérêts. Ce que Goodhart, après d’autres,
nomme le «
double libéralisme ». Un
libéralisme culturel, venu des années 60, qui a ébranlé toutes les structures d’autorité. Et un
libéralisme économique,
imposé à partir des années 80, avec la prééminence accordée aux marchés
sur les régulations étatiques. Progressivement, tout ce qui contestait
ce double libéralisme a été chassé de la scène publique.
Dans un premier temps, le centre-gauche politique ne s’est que trop
bien adapté à cette double révolution. Ainsi Tony Blair présentait-il la
mondialisation et l’immigration de masse comme des phénomènes
quasi-naturels, face auxquels il n’y avait d’autre issue, pour les
Britanniques, que de s’adapter. Mais aujourd’hui, les partis
socio-démocrates sont dans la nasse. Car leurs électeurs appartenaient
autrefois au Peuple de quelque part. Et celui-ci estime
qu’il a perdu à ces changements, rapides et radicaux. 62 % des Britanniques approuvent ainsi l’opinion : «
le pays a tellement changé dans les dernières années qu’il est devenu méconnaissable et cela provoque en moi un malaise. »
Pourtant, le «
Peuple de quelque part » ne remet pas en
cause la totalité des acquis de la double révolution libérale. Il
voudrait seulement que les élites, qui la pilotent, en ralentissent le
rythme. La rapidité avec laquelle les sociétés ont été bouleversées par
une immigration sans précédent a créé, chez lui, une «
anxiété culturelle
». Ses membres réclament un accord général sur des normes de
comportement communes. David Goodhart qualifie leur idéologie de «
populisme de la décence ». J’y reviendrai demain.
Le Brexit expliqué par la montée en puissance des Gens de Quelque Part
David Goodhart, fondateur de Prospect, vient de
publier un essai fort éclairant. il y explique notamment ce qui a poussé
une majorité des électeurs du Royaume Uni à préférer quitte l'UE.
Hier, je vous ai présenté le nouveau livre de
David Goodhart,
The Road to Nowhere,
qui s’interroge sur la montée du phénomène populiste, en Grande
Bretagne, et dans le reste de l’Europe. Il établit une opposition entre
ceux qu’il appelle les «
Anywheres » et les « _
Somewhere_s ». La montée du populisme serait l’une des conséquences de l’exaspération ses « Somewheres ».
Oui, la typologie de David Goodhart, « Peuple de quelque part »
versus « Gens de Nulle part ou de partout », recoupe en grande part
d’autres tentatives de classification du même genre, telle que celle
proposée par l’Américain Thomas Friedman entre «
le peuple du mur » et «
le peuple du web
». Celle-ci fait elle-même écho à la lutte politique qui, chez nous,
oppose de longue date souverainistes et européistes. D’autres encore
préfèrent parler d’
insiders et d’
outsiders. Le géographe français Christophe Guilluy oppose
la France périphérique aux
bourgeois-bohêmes des métropoles.
Mais finalement, tous tendent plus ou moins à décrire un même phénomène
de fracture sociale qui revêt des aspects à la fois sociaux et
culturels.
Il y a, dans l’air, comme une nouvelle lutte des classes entre les
bénéficiaires de la mondialisation et ses laissés-pour-compte. Et elle
fragilise nos systèmes politiques. Car ceux-ci étaient bâtis sur
l’alternance de
partis de centre-droit et de centre-gauche qui, en vérité, étaient
d’accord sur l’essentiel
: la poursuite de l’ouverture et de la libéralisation. Ces partis
traditionnels de gouvernement sont aujourd’hui en crise. Mais surtout,
selon Goodhart, ceux du centre-gauche, grignotés à la fois par les
partis populistes, qui séduisent leur ancien électorat ouvrier, et par
une nouvelle gauche, écologiste ou libérale, qui leur dispute les jeunes
diplômés.
Mais s’ils sont en crise, prétend David Goodhart, c’est surtout parce
qu’ils étaient devenus la voix des Gens de Nulle Part, celle d’une
élite technocratique déconnectée des réalités de terrain. Dans toute
l’Europe, l’émergence de partis populistes a montré qu’une partie de la
population ne se reconnaissait plus dans un système trop verrouillé.
Sans remettre en cause nécessairement l’autonomie individuelle
nouvellement acquise, le Peuple de quelque part exprime un
besoin de sécurité et de protection
qu’il faudra bien prendre en considération. Et cette question se pose,
d’une manière ou d’une autre, dans tous les grand pays anciennement
industrialisés.
Mais ce qui fait le grand intérêt du livre de David Goodhart, c’est
qu’il éclaire fort bien ce qui s’est joué dans le Brexit. Car, tout de
même le cas britannique demeure très particulier.
Et d’abord, cette révélation : oui, la plupart des
électeurs du Leave avaient conscience de voter contre leurs intérêts.
Les élites cognitives leur avaient répété que la croissance, dans leur
pays, connaîtrait de sérieux ratés, en cas de fermeture du marché unique
européen. Les électeurs en ont pris note, mais ils ont voté quand même à
52 % pour couper les amarres. Ils ont
préféré l’identité culturelle britannique et la souveraineté nationale ! Ils ont voulu
retrouver la maîtrise des flux migratoires.
Les partisans du Remain ont eu le tort de faire une campagne axée
presque exclusivement sur les aspects économiques du Brexit. Il aurait
fallu insister sur l’amour de l’Europe qui, contrairement à ce qu’on
imagine sur le continent, est très présent au Royaume-Uni. Les
Britanniques ne sont nullement des insulaires, selon Goodhart.
-L’Union européenne aurait été, selon Goodhart, un véritable cas
d’école de l’ubris technocratique des Gens de Nulle Part. Au départ, le
projet d’une modeste union douanière, doublée d’une politique agricole
commune, était raisonnable. La CEE se voulait un espace économique
intégré, permettant en outre un haut niveau de coopération politique
entre ses membres. Et c’est cette Europe-là qui a séduit les
Britanniques.
Mais ceux que Goodhart appelle «
les vrais croyants
» n’avaient jamais renoncé à leur utopie de parvenir à une formule
politique fédérale. Ils ont mis sur pied un Système monétaire européen
qui fonctionnait mal. Il a fallu donc pousser un cran plus loin. Et ce
fut la création de l’euro, obtenue par les Français pour contenir une
Allemagne que rendait inquiétante sa réunification. Mais, prétend
Goodhart, les concepteurs de l’euro savaient parfaitement qu’zone
monétaire intégrée ne pouvait elle-même fonctionner qu’en étant dotée
d’un budget propre, d’une politique fiscale harmonisée, d’un transfert
de ressources entre régions riches et régions pauvres…. Bref, ils ont
fait comme d’habitude :
provoquer un déséquilibre destiné à être rétabli par
de nouveaux pas en avant vers davantage d’intégration.
En outre, pour des raisons purement politiques, on a décidé d’agréger à
la zone euro des pays dont les économies étaient bien trop différentes,
comme la Grèce.
C’est cette façon de forcer toujours la main aux peuples pour une «
union toujours plus étroite
» qui, même s’ils n’ont jamais considéré la possibilité d’abandonner la
Livre sterling, aurait poussé les Britanniques à quitter l’Union
européenne.
Mais ce qui a fait déborder le vase, selon Goodhart, c’est la libre
circulation des personnes au sein d’une UE, par ailleurs, incapable de
protéger ses propres frontières. En 2004, le gouvernement travailliste a
décidé d’accueillir sans délai les habitants des nouveaux Etats membres
d’Europe centrale. Il en attendait quelques milliers et ils furent un
million. Résultat :
la Roumanie a perdu un tiers de ses médecins,
partis à l'ouest. Et la Bulgarie ou l’Estonie, face au double péril de
la faible fécondité et de l’émigration, se vident rapidement de leur
population…
«
La liberté de circulation est, des quatre libertés, la
plus controversée, car la moins compatible avec la conception
britannique de l’Etat-nation normal », écrit-il. On comprend mieux.
Trop de diversité sape les fondements de la solidarité
Depuis longtemps, David Goodhart avertit les
Britanniques que l'idéologie multiculturaliste constitue une menace à
moyen terme pour les Etats-providences.
Quelles réactions provoque le livre de David Goodhart,
The Road to Somewhere,
dont je vous parlais hier ? Comment les médias, en particulier,
prennent-ils sa thèse selon laquelle ils sont eux-mêmes, comme la classe
politique et l’Université, entre les mains des « Gens de Nulle Part »,
ces libéraux cosmopolites - que rejetterait « le Peuple de Quelque part »
?
Très intéressante réaction dans le quotidien de gauche,
The Guardian.
Sous la plume de Jonathan Freedland, on peut lire que David Goodhart
est, hélas, une sorte de prophète. Freedland rappelle, en effet, la
vague d’indignation qu’avait soulevée, dans l’intelligentsia de gauche
de l’époque, l’article publié par Goodhart dans
Prospect, intitulé «
Est-ce que la Grand-Bretagne est trop diverse ?
» C’était dans le numéro de février 2004 de ce magazine intellectuel,
plutôt proche des idées du New Labour, dont Goodhart était alors le
directeur. Ce papier a valu à son auteur, écrit The Guardian une
quasi-proscription des milieux comme il faut. Et pourtant, ajoute-t-il,
cet article était tout bonnement
prophétique. Car il
posait crûment une question que personne ne voulait voir, à l’époque, et
qui est devenue le sujet dominant de notre vie politique.
J’ai conservé ce numéro « collector » de Prospect. Qu’écrivait donc
David Goodhart pour passer soudain dans le camp des traîtres à la cause ?
Que la solidarité risquait d’entrer en conflit avec la diversité.
Vous êtes d’autant mieux disposés à laisser l’Etat recueillir une part
importante de vos revenus sous forme de cotisations et d’impôts,
disait-il, que vous avez la certitude que
cet argent sera redistribué à des gens qui sont comme vous. Si leurs valeurs et leurs styles de vie diffèrent trop des vôtres, alors vous deviendrez réticent.
Il faut choisir entre deux modèles de société, disait Goodhart. Celui de
la Suède, cette nation très homogène où l’Etat-providence vous accompagne du berceau à la tombe, ou celui des
Etats-Unis, où l’individualisme et la diversité font qu’on se sent peu d’obligations réciproques.
Il s’appuyait sur les travaux de deux économistes,
Alberto Alesina et Edward Glaeser,
qui avaient démontré cette thèse, chiffres à l’appui. Aux Etats-Unis,
la majorité des pauvres appartiennent à des communautés ethniques
minoritaires. Les plus aisés, majoritairement blancs, sont peu enclins à
partager. Voilà ce qui risque d’arriver à notre Royaume Uni, prévenait
Goodhart, si nous poursuivons dans la voie du
multiculturalisme. Car il crée, entre des communautés, un sentiment d’étrangeté qui ne favorise pas la solidarité.
L’inclination à s’obliger mutuellement alors s’érode. L’Etat-providence britannique, très généreux, contrairement à ce qu’on croit chez nous, était déclaré menacé.
L’article était d’autant plus prophétique, poursuit The Guardian,
qu’il a été publié à la veille de ce que Goodhart lui-même, dans son
récent livre, appelle « the one »,
la grande vague migratoire,
la plus inattendue. C’est celle qui a suivi l’ouverture du marché du
travail britannique aux citoyens des nouveaux membres de l’Union
européenne, l’Europe centrale. La plupart des autres Etats d’Europe
occidentale, et même les Allemands, avaient décidé un moratoire de
plusieurs années. Mais le New Labour au pouvoir a voulu montrer son
ouverture. On attendait quelques milliers de « plombiers polonais » et
ils furent un million.
C’est d’autant plus incompréhensible, écrit Goodhart, que déjà à
l’époque, les sondages montraient que près des trois quart de la
population estimait
le rythme de l’immigration dans le pays trop rapide.
Trois quart des sondés estimaient et que le pays avait changé au point
qu’on ne s’y sentait « plus chez soi ». Pour Goodhart, qui fut lui-même
membre du Labour, ce refus d’entendre ses propres électeurs sur la
question de l’intégration, constitue l’une des causes de l’échec
électoral de 2010, face aux conservateurs.
Le modèle multiculturaliste n'a plus la cote auprès des Britanniques.
On se souvient comme ils se moquaient, de notre modèle d’intégration
républicain... Si l’on en croit Goodhart, le multiculturalisme n’est
plus qu’une « idéologie qui a dominé les années 80 »…. Passée de mode.
Et il cite une critique qui les résume toutes, celles de
Maajid Nawaz, journaliste et homme politique libéral-démocrate, «
au lieu d’introduire de la diversité dans la société, le multiculturalisme introduit de la diversité entre les groupes ethniques d'une même société».
Quant à
l’intégration, Goodhart écrit que les
Britanniques sont encore trop réticents à l’idée de fournir aux nouveaux
venus une « feuille de route ». Or, ajoute-t-il, les immigrés ont
besoin de savoir ce qu’on attend d’eux. «
Si on veut améliorer
l’intégration, écrit-il, on ne peut pas se contenter de prêcher
l’importance de la tolérance, on doit promouvoir l’interaction et le
sentiment d’inclusion dans la communauté nationale. Comme l’a dit
Jonathan Haidt, il est possible de faire en sorte que les gens se
soucient moins des questions de race et d’identité, lorsqu’on les plonge
dans une mer de ressemblances, de buts partagés et de dépendance mutuelle." Une cause commune d’intérêt local, en particulier, est un puissant facteur de rassemblement.
Car la puissance des nations est fondée, poursuit-il, sur leur capital social –
la confiance mutuelle qui existe entre leurs membres ; le fait qu’ils partagent
les mêmes intérêts et les mêmes valeurs. C’est cette
confiance en un avenir commun
qui a rendu possible la construction, sur plusieurs générations, des
cathédrales. C’est aussi sur cette confiance réciproque que sont fondés
nos Etats-providences redistributifs. Seul, le cadre national, insiste
Goodhart, fournit le cadre dans lequel peut s’exercer cette
indispensable solidarité.
A la lecture de ce post je suis fasciné par la créativité des théologiens, d'autant plus débridée que rien, dans la réalité ne pourra jamais la contredire.
Mais il faudrait peut-être un Chomsky pour découvrir la "Théologie innée" commune à toutes les religions.
23 octobre 2020 à 15:51
Oui, cela existe vraiment en psychologie cognitive, je crois, pour donner une explication neurologique des "religions" (ou plus globalement de types de récits et croyances associées). Les livres de l'anthropologue Scott Atran ou du psychologue Pascal Boyer, etc. Ils disent que le cerveau humain aurait évolué avec un biais à attribuer des Intentions d'un sujet derrière tout phénomène et cela donnerait la structure cérébrale innée derrière le théisme.
Récemment, l'athée Quentin Meillassoux a fondé une nouvelle théologie à partir du principe que la non-existence de Dieu est un fait nécessaire (car s'il n'existe pas, cela implique qu'il ne peut pas exister, il ne peut pas échouer à exister par accident) mais que pourtant l'univers forge une finalité pour créer un Dieu-contingent. L'univers est une machine pour créer des Dieux et Dieu n'est pas le créateur désirant la création mais ce qui est désiré par la création et ne pourrait pas exister sans elle.!